Un mois après la mise en place d'une commission spéciale d'enquête, le gouvernement togolais a présenté ce vendredi 13 mars les conclusions d'étape. Lors d'un point de presse conjoint animé par les ministres de la Communication, de l'Administration territoriale, de la Sécurité et des Droits humains, les premiers résultats des investigations couvrant la période du 1er décembre 2025 au 28 février 2026 ont été dévoilés pour répondre aux inquiétudes de l'opinion nationale.
Selon le porte-parole du gouvernement Mme Yawa Kouigan l'enquête visait à apporter une réponse transparente et documentée aux inquiétudes de l'opinion nationale.
Un bilan chiffré : 84% de cas résolus
L'enquête a permis de recenser 102 cas de disparitions jugées inquiétantes. Contrairement à la psychose ambiante, un seul cas d'enlèvement présumé a été identifié. Le bilan opérationnel est jugé encourageant par les autorités. 86 personnes retrouvées, soit un taux de réussite de 84,31%. Parmi elles, 63 mineurs dont 25 garçons, 38 filles et 23 majeurs. À ce jour, 16 personnes font encore l'objet de recherches actives.
Causes sociales plutôt que criminelles
Le Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, le Colonel Calixte Batossie Madjoulba, a tenu à rassurer sur la nature de ces incidents, principalement concentrés dans le Grand Lomé (88 cas). Selon lui, les investigations révèlent que la grande majorité de ces situations ne relève pas d'actes criminels organisés.
« À ce stade, aucun élément ne permet d'établir l'existence d'un réseau d'enlèvements sur le territoire national », a précisé le ministre, pointant plutôt des causes d'ordre social et familial telles que des fugues, des départs volontaires ou une insuffisance d'encadrement parental.
La lutte contre la désinformation, le rappel à la loi
Face à l'amplification des rumeurs sur les réseaux sociaux, Maître Pacôme Adjourouvi, Garde des Sceaux et ministre de la Justice, a vivement déploré un usage abusif du numérique qui « amplifie la peur par la diffusion de fausses nouvelles non vérifiées ». Il a fermement rappelé que la loi s'appliquera contre les auteurs de fake news.
« Toute reproduction ou diffusion de fausse nouvelle de nature à troubler la paix publique expose ses auteurs à des poursuites judiciaires », a martelé le ministre, s'appuyant sur l'Article 497 du Code Pénal et l'Article 153 du Code de la Presse.
Prévention et responsabilité partagée
De son côté, le Colonel Hodabalo Awate, ministre de l'Administration territoriale, a annoncé le déploiement d'une vaste campagne de sensibilisation dans les quartiers, villages et écoles. Cette stratégie vise à mieux encadrer la jeunesse et à accroître la vigilance collective.
« La protection de notre jeunesse et l'équilibre de nos communautés exigent l'engagement de tous », a-t-il conclu, appelant à une responsabilité partagée pour prévenir les états de vulnérabilité.
Vigilance et Coopération
Le gouvernement appelle les populations au calme et à la coopération. Pour toute alerte ou signalement, les citoyens sont invités à contacter immédiatement les services de police ou de gendarmerie via le numéro vert 1014, gratuit et disponible 24h/24.
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