Au sommet FII Priority, le président du conseil à des investissements stratégiques conjoints et valorise le hub logistique de Lomé
Le président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé, a pris une part active, ce mercredi 17 juin 2026 à Rome, à l'ouverture des travaux du prestigieux sommet FII Priority Europe 2026. Invité par Yasir Al-Rumayyan, gouverneur du Fonds public d'investissement d'Arabie Saoudite (PIF) et président du conseil d'administration du Future Investment Initiative Institute, le chef de l'exécutif togolais s'est exprimé devant une assemblée de plus de 1 600 chefs d'État, dirigeants d'entreprises et investisseurs internationaux réunis au Waldorf Astoria Cavalieri. Autour du thème central « L'Europe réinventée : capital, souveraineté et autonomie stratégique », cette rencontre haut niveau intervient dans un contexte mondial marqué par la recomposition des chaînes de valeur mondiales et la quête de souveraineté économique. Face à des institutions européennes en quête de capitaux privés pour leur réindustrialisation, le dirigeant togolais a partagé une vision forte et structurée, appelant à l'avènement d'une nouvelle grammaire du partenariat entre l'Europe et l'Afrique.
Trois convictions stratégiques pour réinventer la coopération et le déploiement du capital
Pour refonder cette relation transcontinentale, le Président du Conseil a articulé son allocution autour de trois convictions majeures. La première porte sur l'autonomie stratégique, qu'il invite à ne pas confondre avec l'isolement, mais à comprendre plutôt comme la capacité de mieux gérer les interdépendances dans un monde interconnecté. Face aux crises sanitaires ou aux tensions géopolitiques qui perturbent les flux d'approvisionnement et restreignent l'accès aux technologies, la protection des secteurs essentiels est légitime, mais la réponse ne saurait être le repli sur soi. Sa deuxième conviction s'adresse directement aux détenteurs de capitaux, les exhortant à élargir leurs horizons pour ne plus financer des actifs isolés, mais de véritables systèmes productifs intégrés : des ports connectés à des corridors, des zones industrielles arrimées à l'énergie et des chaînes de valeur agricoles liées à des unités de transformation locale.
Enfin, la troisième conviction défendue à Rome propose un changement radical de paradigme institutionnel. Faure Gnassingbé a plaidé pour que la relation euro-africaine évolue vers un mécanisme d'investissements stratégiques conjoints, s'affranchissant des codes de l'aide publique au développement et de la coopération traditionnelle. Selon le président du conseil, le continent africain, qui se hisse progressivement parmi les zones à croissance économique les plus rapides au monde, ne peut plus se contenter d'être un simple fournisseur de matières premières ou un marché de consommation pour le futur. L'Afrique doit s'affirmer comme un pôle dynamique de production, de transformation, d'innovation et de solutions, offrant un espace hautement stratégique pour la logistique et l'intégration régionale.
Le Togo se positionne comme la porte d'entrée naturelle de l'hinterland ouest-africain
Le Togo entend pleinement contribuer à cette dynamique en valorisant ses propres réformes et ses infrastructures de premier plan. S'appuyant sur les performances du Port autonome de Lomé, le développement de corridors fluides vers les pays du Sahel, la facilitation des échanges et la digitalisation des procédures commerciales, le pays dispose d'atouts compétitifs qu'il souhaite articuler à des chaînes de valeur ciblées. Cette offensive diplomatique et économique s'inscrit en parfaite cohérence avec la nouvelle feuille de route nationale 2026-2031. Articulé autour du triptyque « Protéger, Rassembler, Transformer », ce plan stratégique fait de la transformation économique locale le pilier des cinq prochaines années, une ambition d'ores et déjà incarnée par les succès opérationnels de la Plateforme industrielle d'Adétikopé (PIA).
Cette posture de hub logistique régional est renforcée par l'intense activité diplomatique et sectorielle menée par Lomé sur le plan continental. La capitale togolaise a accueilli en mai dernier la 3ème édition de la conférence Biashara Afrika, co-organisée avec le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). De plus, parallèlement au sommet de Rome, Lomé abrite jusqu'au 19 juin la première Convention africaine du transport aérien, un prolongement direct de l'engagement de Faure Gnassingbé en sa qualité de Champion du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA). À travers cette convergence d'initiatives, le Togo réaffirme sa volonté de servir de porte d'entrée naturelle vers l'Afrique de l'Ouest, au service d'une croissance partagée, de corridors plus performants et d'opportunités économiques accrues pour les populations.
Togoreveil
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