Les réseaux sociaux, puissante source de communication entre les hommes,peuvent être en même temps source de destruction de la société de par son utilisation abusive. Des administrateurs de plateformes WhatsApp ont, à cet effet, été formés lors d’un atelier tenu ce vendredi 16 septembre 2022 au cabinet du ministère de la communication et des médias à Lomé. Organisé par ledit ministère en collaboration avec le ministère chargé de la formation à la citoyenneté, l’initiative vise la sensibilisation des participants au respect du code pénal et de la loi sur la Cyber sécurité au Togo. La rencontre été présidée par les patrons des deux départements à savoir Akodah Ayewouadan et Christian Trimua.
Les réseaux sociaux sont sujets de nos jours à des informations de mauvaise qualité, à des rumeurs, à des incitations à la violence ou à la haine.
Axée sur le thème «modération de contenu et responsabilité des administrateurs», la rencontre avec les administrateurs des plateformes WhatsApp a permis d’identifier les voies et moyens qui permettront de mieux modérer les informations qui circulent dans les différents groupes et de voir les niveaux de responsabilité qui peuvent être ceux des auteurs des messages et des administrateurs des plateformes.
Les participants se sont réjoui de cet atelier qui vise à leur faire prendre conscience de cet outil sensible qu’est la plateforme WhatsApp. «Tout ce que vous publiez sur WhatsApp peut vous rattraper. Maintenant vous qui avez créé le groupe WhatsApp ou vous qui êtes l’un des administrateurs, vous avez aussi une responsabilité partagée par rapport au contenu de tout ce qui est véhiculé sur votre plateforme. Il faut toujours définir les objectifs et les règlements intérieurs en créant votre plateforme», a déclaré Emmanuel Vivien Tomy, journaliste, président de l’organisation des professionnels de la presse en ligne, administrateur et fondateur de plus de 40 groupes WhatsApp.
Selon le ministre Akodah Ayewouadan, les technologies qui sont à notre disposition aujourd’hui et qui sont de véritables outils de liberté ne sont pas toujours au service de la démocratie constructive au regard de son utilisation et des incidents survenus sur des plateformes.
Sur les réseaux sociaux, il est important de nous prémunir contre un certain nombre de fléaux à savoir la violence, la haine, la calomnie, la propagation de fausses nouvelles.
«Si les individus ont la possibilité d’échanger et de pouvoir être sujet à la haine, notamment la violence, des individus qui vivent normalement dans la concorde, il ne faut pas perdre de vue que d’autres individus notamment les terroristes utilisent les mêmes canaux pour pouvoir communiquer, pour échanger et ainsi instiller au sein de la société les venins de la discorde et de la défiance. Finalement on voit bien que l’outil qui sert à consolider les relations interhumaines peut aussi servir à déconsolider les dites relations. A partir de là et au regard de la capacité de cet outil à atteindre un nombre très large d’individus, il s’impose à nous d’être particulièrement attentif et particulièrement vigilant sur les contenus que nous diffusons», a-t-il souligné.
Appelant les administrateurs au sens de responsabilité, le ministre Ayewouadan invite à faire en sorte que cet outil qui doit servir de créer et d’avancer ne se retourne pas contre nous mêmes où ne devienne pas entre nos mains un outil de destruction.
Au Togo, l’utilisation de ces outils doit se faire au regard des textes régissant le secteur.
« Lorsque vous créez un groupe d’échange, à priori votre responsabilité semble ne pas être engagée. Mais lorsqu’on regarde de façon attentive les textes qui régissent les relations dans notre pays en matière pénale notamment vous pouvez voir votre responsabilité engagée selon que le juge considère que les échanges qui ont eu lieu sur la plateforme sont de nature privé ou de nature publique. Celui qui est responsable en premier c’est celui qui envoie le message en premier. Mais l’administrateur de groupe de par sa position d’administrateur peut voir sa responsabilité engagée au plan pénal mais aussi au plan civil également», a précisé le ministre de la communication et des médias.
Rappelons qu’au Togo, la loi relative à la cybersecurité votée en 2018 ”criminalise la diffusion de fausses nouvelles, la diffusion d’images, d’écrits contraires aux bonnes mœurs ou la diffusion ou la mise à disposition d’autrui de données de nature à troubler l’ordre, la sécurité publique ou la dignité humaine.”
Togoreveil
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