Le terrain situé en face du CETEF Togo 2000 vibre depuis le vendredi, 18 avril 2025 et ce jusqu'au 21 avril prochain aux couleurs, aux odeurs et aux saveurs du met emblématique togolais Ayimolou. À l’initiative de l’association NADAF, avec le soutien actif de la mairie de la commune Golfe 2, cette première édition du Festival Ayimolou commence déjà à marquer les esprits par son ambition culturelle, sociale et économique.
Un événement sous le parrainage engagé de la commune Golfe 2
Présent lors de la cérémonie d’ouverture, le maire de la Commune Golfe 2 Konou Noukafou a rappelé la volonté de sa commune de faire de la valorisation des produits locaux un pilier de son action. *“Quand on prend un met comme l’Ayimolou, c’est devenu un met national. […] Nous avons choisi de le valoriser et de faire l’effort pour l’inscrire au patrimoine immatériel de l’UNESCO"* , a-t-il souligné. Cette démarche s’inscrit dans la continuité d’un arrêté municipal récent, faisant de Golfe 2 la première commune togolaise à s’engager officiellement pour la promotion de la consommation locale.
Dans un geste hautement symbolique, la mairie a également procédé également au baptême d’une rue *“Rue Ayimolou”* dans le quartier Attiégou, preuve supplémentaire de l’engagement institutionnel pour hisser ce plat populaire au rang d’icône nationale.
Une plateforme d’éducation et d’inclusion économique
Au-delà des dégustations et de l’ambiance festive, le festival se veut aussi un lieu d’apprentissage et de conscientisation. D’après Bernard Anoumo Dodji Bokodjin, promoteur et directeur du festival, l’un des grands objectifs est d’encourager l’utilisation du riz local dans la préparation de l’Ayimolou : “Aujourd’hui, sa préparation requiert du riz importé. C’est un manque à gagner pour nos agriculteurs. Nous voulons que nos revendeuses utilisent le riz produit ici .”
Deux formations majeures sont ainsi organisées à destination des vendeuses : l’une sur la gestion financière, afin de passer de l’informel au formel, et l’autre sur l’hygiène dans la chaîne de préparation et de vente. L’enjeu est clair : professionnaliser et responsabiliser les actrices de ce secteur, tout en leur ouvrant de nouvelles perspectives économiques.
Un espace de débat et de fête populaire
En parallèle, des panels réuniront des experts autour des défis liés à la production de riz au Togo : prix élevé, difficultés logistiques, politique de soutien agricole… Autant de sujets cruciaux qui seront abordés avec franchise. Mais le festival, c’est aussi un grand moment de convivialité, avec des concours du meilleur mangeur d’Ayimolou, des concerts, des jeux de société, des ateliers culinaires sans bouillon cube ni excès de sel pour promouvoir une alimentation saine et locale.
Une initiative saluée par le CETEF
Le Représentant du Directeur général du CETEF, a exprimé toute sa fierté d’accueillir un événement d’une telle portée : “Cette édition est une promesse, celle de mettre à l’honneur les talents qui font rayonner l’âme de notre nation. […] Que chaque plat, chaque œuvre exposée soit le témoignage vivant de notre tradition commune.”
Objectif UNESCO et ambitions futures
Les organisateurs visent haut : faire de l’Ayimolou un patrimoine immatériel reconnu internationalement, à l’image de l’Atchéké en Côte d’Ivoire ou du Tieboudiene au Sénégal. Pour cette première édition, l’objectif est clair : atteindre 10 à 20 000 visiteurs d’ici lundi 21 avril. Une gageure que l’organisation semble prête à relever, avec un site en fonctionnement non-stop pendant 96 heures, où l’Ayimolou est servi à toute heure, jour et nuit.
Togoreveil
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