Après avoir accueilli l'édition inaugurale, la capitale togolaise abrite à nouveau la Bourse des Nations Unies sur les Armes Légères et de Petit Calibre (ALPC) pour l’Afrique. Ce lundi 3 août 2026 marque le lancement officiel de la toute première session francophone de ce programme continental de haut niveau, réunissant experts et praticiens autour d'un objectif commun : renforcer la paix, la gouvernance et la sécurité régionale.
Les travaux ont officiellement démarré ce lundi lors d'une cérémonie solennelle d'ouverture présidée par le Colonel AMANA Kodjo, Directeur Général de la Gendarmerie Nationale du Togo, aux côtés des représentants du Centre Régional des Nations Unies pour la Paix et le Désarmement en Afrique (UNREC) et du Système des Nations Unies.
Dans un contexte sécuritaire continental exigeant, cette initiative s'inscrit dans la mise en œuvre de la résolution 77/71 de l’Assemblée générale des Nations Unies. Elle ambitionne de doter les États africains de capacités techniques et institutionnelles accrues pour juguler le flux illicite des armes.
Lomé, capitale de l'expertise sécuritaire continentale
Déjà hôte de la première édition dédiée aux pays anglophones, Lomé confirme son rôle stratégique en accueillant cette deuxième édition, spécialement consacrée aux États francophones du continent. Pendant trois semaines, la capitale togolaise redeviendra ainsi le pôle d'excellence de la diplomatie et de la technique sécuritaire africaine.
Pour cette grande première francophone, l'événement réunit 23 participants représentant 17 États membres issus des cinq sous-régions du continent, ainsi que des délégués de l’Union Africaine.
« Cette formation vise à renforcer leurs capacités techniques et institutionnelles dans le cadre du contrôle des ALPC, à appuyer la mise en œuvre nationale des cadres juridiques internationaux et régionaux, tout en favorisant la coopération transfrontalière et le réseau entre praticiens », a souligné Housni Chahrazade, Chargée de programme à l'UNREC.
La force du programme réside dans la grande diversité des profils retenus : diplomates, cadres des Ministères de la Défense et de l'Intérieur, membres des Commissions Nationales sur les ALPC (ComNat-ALPC) et acteurs civils de la sécurité.
Un cursus d'excellence : De la théorie aux réalités du terrain
Loin de se limiter à un séminaire théorique, cette bourse propose une immersion complète couvrant l'intégralité du cycle de vie des armes et des munitions.
Comme l'a détaillé William Oreste AGBLONON, consultant et expert auprès de l'UNREC, la formation est structurée pour transformer des concepts juridiques en compétences opérationnelles :
« L'objectif n'est pas de faire d'eux de simples théoriciens des armes, mais de vrais acteurs capables d'aider les États à sécuriser leurs stocks, d'alimenter les systèmes de renseignement transfrontaliers et de renforcer les arsenaux juridiques nationaux », a affirmé M. AGBLONON.
Une itinérance pédagogique entre le Togo et le Bénin
Pour mener à bien cette feuille de route ambitieuse, le programme s'articule autour d'un parcours itinérant combinant théorie et modules pratiques sur trois sites spécialisés :
La sécurité par la confiance et la coopération
Rappelant le symbole fort d'un "fusil rouillé" image d'une violence désarmée cédant la place à une paix durable, la cérémonie d'ouverture a mis en exergue une vision moderne de la sécurité continentale. Une vision où la stabilité ne repose pas uniquement sur la force, mais sur la transparence, la gouvernance, le partage d'informations et la confiance mutuelle entre nations sœurs.
En ouvrant les travaux, le Colonel AMANA Kodjo et les autorités présentes ont réitéré l'engagement du Togo et de ses partenaires à faire de la lutte contre la prolifération des armes légères le pilier d'un développement durable et souverain pour toute l'Afrique.
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