La capitale togolaise accueille, depuis ce jeudi à l’Hôtel École Lebene, un atelier national de sensibilisation consacré à l’Accord sur la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (dit « Accord BBNJ »). Organisée par le Haut Conseil pour la Mer (HCM) avec l’appui de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et le soutien financier de l’Union européenne, cette rencontre réunit les cadres des administrations publiques, les services techniques, les enseignants-chercheurs ainsi que des représentants de la société civile.
Un cadre juridique international historique
Adopté en juin 2023 dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et signé par le Togo le 23 septembre 2023, l’Accord BBNJ est entré en vigueur le 17 janvier 2026 après avoir franchi le seuil des 60 ratifications requises. Ce traité historique vient combler un vide juridique en régulant les activités en haute mer, zone autrefois considérée comme hors de portée des législations nationales.
Ce texte majeur s'articule autour de quatre axes fondamentaux :
Les ressources génétiques marines et le partage juste et équitable des avantages qui en découlent.
Les outils de gestion par zone, incluant la création d'aires marines protégées (AMP) en haute mer.
Les évaluations d'impact sur l'environnement (EIE) pour toute activité à fort potentiel de dégradation.
Le renforcement des capacités et le transfert de technologies marines en faveur des pays en développement.
Mobilisation institutionnelle et scientifique
Lors de la cérémonie d'ouverture, les autorités nationales ont rappelé que la ratification à venir du traité ne doit pas être une simple formalité juridique, mais une démarche stratégique. L'objectif de cet atelier de deux jours est d'offrir aux acteurs clés une compréhension commune des enjeux afin de préparer le Togo à participer activement à la première Conférence des Parties (COP BBNJ).
Pour Jean Auguste Barthélémy Batieno, coordinateur régional du programme WASOP 3 (West Africa Sustainable Ocean Program) porté par l’UICN, l'enjeu réside dans le renforcement des capacités d'action :
« L’Accord BBNJ constitue un moyen de réguler les activités au-delà des juridictions nationales. Pour le Togo et la région, ce programme soutient la recherche scientifique, l'établissement d'aires marines protégées et l'octroi de bourses universitaires (Master et Doctorat) afin de former les cadres de demain. »
De son côté, le Dr Panassa Essowè, enseignant-chercheur, océanographe physicien à l’Université de Kara et point focal de la Commission océanographique intergouvernementale (COI) au Togo, a souligné l'importance de la synergie interdisciplinaire :
« La gestion durable des océans interpelle autant les ministères de l'Économie maritime et de l'Environnement que les institutions académiques et la société civile. C'est à travers ce cadre de concertation que nous assurerons le transfert effectif de technologies et la préservation de notre biodiversité côtière et marine. »
En structurant sa position nationale et en s'appuyant sur des leviers de coopération interinstitutionnelle, le Togo réaffirme son ambition de faire de l'économie bleue un moteur inclusif et résilient de son développement économique.
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