Dans la dynamique de la mise en œuvre de son projet de promotion de la liberté d’expression et des médias au Togo, l’Observatoire Togolais des Médias (OTM) s’engage à «Promouvoir des politiques et une culture d’égalité de chances pour les femmes dans les instituts de journalismes et les rédactions». La thématique a été à juste titre l’objet d’une conférence débat sur la place des femmes dans les médias au Togo le vendredi 31 mai 2024 à Lomé.
Avec le financement de l’Union Européenne pour une période de 3 ans (2023-2025), l’Observatoire Togolais des Médias (OTM) en partenariat avec l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO) et le Réseau Interafricain pour les Femmes, Médias, Genre et Développement (FAMEDEV) met en œuvre le projet « Promouvoir la liberté d’expression et des médias, et protéger les défenseurs des droits de l’homme au Togo (FoE Togo)».
Deux communications présentées par des experts en la matière ont sanctionné cette conférence-débat dont la modération a été assurée par M. Patrick BLANDE, journaliste et Directeur de la radio Zephyr FM. Il s’agit de la ”Politique du genre dans la Formation des Journalistes ces cinq dernières années au Togo, cas de l’ISICA” et les ”Politiques et culture d’égalité de chances pour les femmes dans les salles de rédaction au Togo”.
La première communion a permis au Prof. Mawusse Kpapko AKUE-ADOTEVI, Directeur de ISICA a l’Université de Lomé de présenter l’expérience de l’ISICA dans la prise en compte du genre dans la formation des journalistes au sein dudit Institut. Selon le Directeur de l’ISICA, la politique de formation à l’ISICA tient compte du genre au vue de sa vocation et des ses objectifs. Pour lui il n’existe aucune discrimination fondée sur le genre dans l’institut. Les différents résultats obtenus aux concours de recrutement et aux examens entre 2020 et 2024 lui ont permis de mieux l’expliquer. Il y a plus de filles inscrites à l’ISICA que des hommes ces 5 dernières. Que ce soit aux concours et aux examens le taux de réussite des filles dépasse largement celui des hommes. Il faut également noter pour preuve que les deux premières responsables de l’institut ont été des femmes à l’instar Mme Kpakpo Pepevi et Mme Koumealo Anaté.
Il y a donc de la politique du genre à l’ISICA et bien au-delà au Togo. Mais la problématique posée en ces termes : comment se fait-il qu’elles sont nombreuses au départ à entrer en formation et sont rares à finir leurs études ou qu’est ce qui explique le fait d’être nombreuses à obtenir les diplômes et être moins représentées dans les rédactions ou à des postes de décision..
Ces problèmes trouvent les éléments de réponse dans la communication présentée par Mme Patricia ADJISEKU, Experte Médias qui a mis l’accent sur la promotion du genre, dans les salles de rédactions au Togo. Elle a démontré comment dans toutes les régions au Togo, les rédactions souffrent de la représentation féminine. Pour elle, étant donné que nous sommes dans la société africaine cette situation s’explique par les stéréotypes, les considérations socioculturelles, le harcèlement sexuel, l’inégalité entre les salaires.
«Le métier de journalisme a été trop longtemps masculinisé. Mais aujourd’hui on a cette confiance que bon nombre de femmes se dirige vers le métier. Aujourd’hui elles sont nombreuses à rentrer à l’école de journalisme mais qu’est qu’elles deviennent après l’obtention de leur diplôme ? Chaque fois nous parlons de cette disparité dans la corporation, la femme est sous représentée. Alors où sont donc nos consœurs qui arrivent dans le métier ?», s’est interrogé Mme Patricia ADJISEKU, Experte Médias. Pour cela, elle souligne la nécessité pour la coopération de mettre en place une politique genre pour faire la promotion des femmes et ainsi pousser les femmes à émerger dans le métier.
Patricia ADJISEKU a formulé des recommandations pour y remédier. Elle appelle les autorités à veiller à l’application des textes concernant le genre sur le terrain et pourquoi pas octroyer des bourses aux femmes pour se faire former. Les organisations de presse sont également appelées à accompagner les organisations féminines pour pouvoir aider les femmes à émerger.
Les présentations suivies de débats ont permis aux participants que sont les acteurs des médias, les associations professionnelles des médias, les autorités en charge des médias, les ONG de défense des droits de la femme, les institutions académiques d’être davantage éclairés sur la question.
«Les Conférences que nous organisons visent à encourager les différents partenaires que sont les associations, les autorités, les organisations professionnelles à promouvoir réellement les femmes des médias, à donner des postes à des dames journalistes. Elles ont la compétence donc elles peuvent apporter un plus dans le développement du pays», a expliqué Honoré BLAO, chargé de projet à FAMEDEV.
Selon une présentation sur un monitorage conduit sur l’analyse des tendances au niveau du genre dans les contenus des médias, le chargé de projet à FAMEDEV est parvenu à la conclusion selon laquelle il faut continuer de sensibiliser les hommes et les femmes journalistes à couvrir plus des sujets qui peuvent mettre en valeur les compétences cachées que les femmes ont dans les différents pans de notre société.
Komla YAWO
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