Après l’appel du Procureur de la République à la responsabilité des internautes face aux dérives sur les réseaux sociaux, c’est désormais au tour des journalistes et professionnels des médias d’être interpellés. Dans un communiqué officiel signé ce 7 octobre 2024, le président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), Willybrond Télou Pitalounani, appelle à un sursaut éthique et professionnel dans le traitement de l’information, notamment sur les plateformes numériques.
Une montée inquiétante des discours haineux
Le président de la HAAC s’inquiète de la prolifération de contenus injurieux, diffamatoires ou incitant à la haine sur les réseaux sociaux, parfois relayés ou amplifiés par des professionnels des médias. Il rappelle que la responsabilité numérique ne concerne pas uniquement les citoyens ordinaires, mais aussi les journalistes, dont le rôle dans la société exige rigueur, exactitude et impartialité.
Un rappel aux fondamentaux du métier
Dans son communiqué, Willybrond Télou Pitalounani insiste sur le respect scrupuleux : du Code de la presse et de la communication, de la loi organique relative à la HAAC et du Code de déontologie des journalistes.
Il exhorte les professionnels à vérifier les faits, recouper les sources, éviter toute atteinte à la vie privée, et bannir les propos outrageants ou haineux. Il met également en garde contre l’exploitation non vérifiée d’informations issues des réseaux sociaux, soulignant que cela peut nuire à l’ordre public et à la crédibilité du métier.
Liberté de la presse et devoir de responsabilité
Le président de la HAAC rappelle que la liberté de la presse, consacrée par la Constitution du 6 mai 2024, s’exerce dans le respect des lois de la République et des principes éthiques. Il en appelle à la conscience professionnelle des journalistes pour préserver la dignité des citoyens et renforcer la confiance du public dans les médias.
Vers une presse togolaise plus responsable
Ce nouvel appel s’inscrit dans une dynamique de régulation concertée, où les autorités judiciaires et médiatiques cherchent à contenir les dérives numériques sans compromettre les libertés fondamentales. Après les internautes, les journalistes sont désormais invités à faire preuve d’exemplarité, pour que l’espace numérique reste un lieu d’information, de débat et de cohésion sociale.
Patrick NIMA
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