Le Togo est en proie à des attaquants terroristes. L’état d’urgence sécuritaire décrété par le gouvernement dans la région des savanes appelle chacun individuellement et de façon collective et corporative à jouer leur partition afin de lutter efficacement contre le fléau. Les professionnels des médias jouent un rôle important dans la prévention et la sensibilisation de la population. Comme l’exige cette période sensible, au-delà des appels au traitement rigoureux de l’information sur les attaques terroristes dans la réglementation des savanes, la Haute Autorité de l’audiovisuel et d la Communication (HAAC) lance à Lomé ce 19 septembre les séminaires d'information et de sensibilisation des journalistes des médias publics et privés du Togo sur le thème «Médias et lutte contre le terrorisme au Togo».
La première étape de la formation regroupe à Lomé du 19 au 20 août les médias de la région maritime et du grand Lomé.
Il s’agit de rappeler aux acteurs de la communication les obligations de traitement professionnel de l’information en temps de crise sécuritaire provoqué par des groupes armés terroristes venus de l’extérieur. L’idée selon le président de la HAAC Telou Pitalounani est d’amener les médias à être de véritables alliés pour la lutte contre le terrorisme et non des complices des groupes armés.
«Depuis les dernières attaques les risques de multiplication de fake news, de déformation des faits, de manipulation de certaines images ou témoignages, de manipulation de l’information pourraient conduire à une restriction du droit à l’information si les médias ne prennent pas des mesures adéquates pour vérifier les informations en l’occurrence de sources sûres et en évitant les scoops ou la précipitation», a-t-il rappelé.
Pour le président de la HAAC «Si les précautions ne sont pas prises les médias risquent de contribuer à créer la terreur au sein de la population, à démobiliser les forces de sécurité et de défense et ou à entraver ou les détourner de leur mission. Non seulement ils pourraient être là source des divorces et d’une rupture de confiance entre les forces de sécurité et de défense et des populations mais encore la sécurité de ces agents aurait en pâtir. Bien avant les premières attaques et alertes le gouvernement avait déjà pris des dispositions sécuritaire pour contrer les incursion des groupes terroristes sur notre territoire. L’instauration le 13 juin 2022 de l’État d’urgence sécuritaire dans la région des savanes constitue une raison d’inquiétude accentuer au niveau des populations. De ce fait le traitement responsable des informations visant à mieux faire comprendre le bien fondé des mesures prise en appelant à une collaboration pour le succès de la lutte qui est engagée devient un impératif pour les médias.»
Le séminaire vise alors à rappeler aux médias les obligations de traitement professionnel de l’information en période de crise sécuritaire provoqué par des groupes terroristes venus de l’extérieur. Il s’agit spécifiquement d’expliquer aux professionnels des médias de toutes les régions du pays le contenu, les obligations et contraintes de l’État d’urgence sécuritaire , de leur rappeler les dispositions et règles professionnelles et éthiques à observer et à appliquer , d’identifier les actions d’information et de communication à conduire par les médias en vue d’une contribution efficace à la lutte contre les attaques terroristes, de définir un cadre de collaboration entre les médias et les forces de défense et de sécurité pour faciliter l’accès aux sources et la diffusion, publication des informations sur les attaques terroristes et les opérations mises en œuvre dans le cadre de l’état d’urgence.
Au-delà de l’information, «certains sujets comme le terrorisme appelle à un traitement médiatique particulier. Leur nature ou leur caractéristiques étant susceptibles d’influer gravement sur l’opinion publique et provoquer des distorsions jusqu’à désorganiser tout et en partie. Ainsi le nouveau défi auquel fait face notre pays en ces moments sensible appelle les journalistes et autres acteurs des médias à résoudre l’équation difficile entre le droit d’être informer, la liberté des médias et l'éthique journalistique. La nouvelle dynamique du terrorisme et le passage à un environnement médiatique de plus en plus numérique avec une large porté et une rapidité sans précédent avec laquelle l’information se repend sur l’internet constitue des défis majeurs à considérer dans cette lutte commune que nous menons. Les journalistes et les autres acteurs des médias ont la responsabilité de mettre à disposition du public des informations précises et complète sur les actes terroristes et les menaces potentielles et d’éviter le sensationnel et le sensationnalisme pouvant conduire à la propagation d’un sentiment de peur ou de chaos», a déclaré M. DoutiLardja, Secrétaire générale du ministère en charge de l’administration territoriale représentant le ministre d’État.
Pour lui, en cette période précise le Togo attend des professionnels des médias une contribution significative et positive à la prévention du terrorisme dans la chaîne de renseignement du pays.
Le traitement de l’information relative aux attaques terroristes dans la région des savanes ; l’immersion dans la réglementation et les perspectives sont des modules développés lors de ce séminaire. Une charte des médias pour la lutte contre le terrorisme au Togo a été adopté à l’issue de la rencontre. Démarré à Lomé le séminaire de déroule à Atakpame et s’achève à Dapaong le 24 septembre.
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